Faisons le point sur les conseils du banquier

Faisons le point sur les conseils du banquier

D’après une enquête de l’AMF publiée le 2 septembre, les Français ne sont pas toujours très bien informés par leurs conseillers bancaires en matière d’épargne.

C’est un constat que l’AMF (Autorité des marchés financiers) dresse régulièrement depuis 2011, grâce à ses “visites mystères” réalisées dans les 11 principales banques de France*. En matière d’épargne, et notamment pour les produits financiers “sophistiqués” du type PEA et assurance vie, les banquiers ne donnent pas toujours toutes les informations nécessaires pour aider les particuliers dans leurs choix. Certes, il y a eu des progrès en l’espace de huit ans. Mais des zones d’ombre persistent.

Dans l’ensemble, le questionnement des conseillers bancaires sur les particuliers s’est amélioré par rapport à la précédente campagne de visites mystères menée par l’AMF (2015). Ainsi, leurs connaissances sur la situation et les objectifs financiers de leurs clients sont plus approfondies qu’auparavant. Seul bémol, les conseillers ne se renseignent pas suffisamment sur l’expérience et les connaissances financières des particuliers. “Des progrès restent donc à faire”, constate le superviseur.

Différence de traitement en fonction du profil de risque

Une fois cette étape passée, la qualité des recommandations faites par les conseillers bancaires peut parfois laisser à désirer. Prenons l’exemple du PEA et du compte-titres : les inconvénients de ces produits financiers sont plus souvent présentés aux particuliers qui veulent prendre du risque avec leurs placements (72%) qu’aux clients les plus frileux (46%).

De même, le fonctionnement de ces deux enveloppes en actions est plus souvent expliqué aux risquophiles (64%) qu’aux risquophobes (55%). Autrement dit, les profils appétents au risque semblent bénéficier d’un meilleur accompagnement de la part des conseillers bancaires. “Or le rôle ‘pédagogique’ du conseiller devrait le conduire à une même qualité d’information dans cette mission, quel que soit le profil”, souligne l’AMF. A noter, d’ailleurs, que les conseillers bancaires n’évoquent pas systématiquement les avantages, les inconvénients et le fonctionnement du PEA et du compte-titres avec les particuliers. Des points pourtant essentiels pour apporter les meilleurs conseils possibles aux épargnants.

Opacité sur les frais

Autre zone d’ombre, et pas des moindres : moins de la moitié des conseillers bancaires présentent aux particuliers les frais prélevés à l’entrée, à la sortie et au titre de la gestion des produits d’épargne. Ainsi, pour les fonds d’actions, que l’on peut retrouver dans un contrat d’assurance vie ou dans un PEA, seuls 22% des particuliers risquophobes et 14% des risquophiles ont pu avoir connaissance du niveau des frais de gestion prélevés tous les ans.

Cette opacité est un sujet “préoccupant” et “préjudiciable pour les épargnants”, selon l’AMF. En effet, les frais peuvent venir très rapidement grignoter le rendement délivré par vos produits d’épargne. Pour l’assurance vie par exemple, la facture devient vite salée, avec les frais prélevés sur les versements (jusqu’à 5%), sur les arbitrages, pour la gestion du contrat (0,90% en moyenne), mais aussi ceux prélevés directement par les sociétés qui gèrent les unités de compte proposées dans le contrat.

Et puis, si vous faites appel à votre conseiller bancaire, ayez bien à l’esprit que ce professionnel ne vous proposera… que les produits d’épargne commercialisés par votre banque. Et ceux-ci ne sont pas toujours les plus rémunérateurs.

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