quels seront les placements gagnants de 2019 ?

quels seront les placements gagnants de 2019 ?

Livrets, assurances vie, placements boursiers : vers quels produits dirigerez-vous votre épargne en 2019 ? Eléments de réponse, avec l’éclairage de Cyril Blesson, des Cahiers de l’Epargne.

115 milliards d’euros : c’est le montant estimé des flux de placements des Français en 2018. Une coquette somme, qui progresse à nouveau depuis 2015, mais reste relativement faible en perspective historique.

Qu’en sera-t-il en 2019 ? Cyril Blesson, associé au sein du cabinet Pair Conseil, éditeur des Cahiers de l’Epargne, s’attend à un volume comparable. A moins que… Un élément exceptionnel pourrait changer la donne : les 10 milliards d’euros des mesures de pouvoir d’achat prises par le gouvernement, dans le contexte de la crise des Gilets jaunes. Une somme plutôt fléchée, toutefois, vers les ménages modestes, qui n’ont pas souvent le luxe d’épargner. « C’est donc plutôt une bonne nouvelle pour la consommation », estime le consultant, qui s’attend en 2019 à des flux de placement comparables à 2018.

Livrets : les taux vont-il enfin remonter ?

L’année 2018 a été marqué par un « choc fiscal » en matière d’épargne : l’entrée en vigueur du prélèvement forfaitaire unique (PFU). Rien de tel en 2019. Toutefois, cette flat tax « va continuer à redonner de l’attrait à certains placements, comme les livrets soumis à l’impôt, qui avaient été pénalisés par la précédente fiscalité », souligne Cyril Blesson.

« Une légère orientation à la hausse en fin d’année »

Plus intéressants fiscalement, les livrets d’épargne souffrent toutefois d’un handicap majeur : une rémunération historiquement basse, 0,14% brut en moyenne en décembre 2018. Et de ce point de vue, 2019 devrait également décevoir. « Il n’y a pas de grande amélioration à attendre sur les rendements des produits liquides, tout juste une très légère orientation à la hausse en fin d’année 2019 », estime le spécialiste de l’épargne. « La remontée des taux de la Banque centrale européenne (BCE) ne devrait en effet intervenir qu’en fin d’année 2019. Il ne faut pas non plus s’attendre à une forte remontée des taux longs, qui réagissent surtout au stock d’actifs obligataires détenu par la BCE. »

Les dépôts à vue, toujours stars des placements ?

Dans ce contexte, les liquidités des Français devraient avoir du mal à quitter leurs comptes courants. « Le placement phare de 2019 devrait être, encore une fois, les dépôts à vue. En 2018, ils ont encore représenté une collecte de 30 milliards d’euros, cela devrait être la même chose en 2019 », annonce Cyril Blesson.

Livret A : encore un an de gel

12 milliards d’euros : c’est le niveau de collecte que devrait atteindre le Livret A en 2018, à peu près au même niveau que 2017. Pas mal pour un produit dont le taux – 0,75% net – ne bouge plus, malgré une inflation bien supérieure. Ce gel, qui concerne également le LDDS, va se poursuivre en 2019, conformément à la volonté du gouvernement. Pas de changement de taux (1,25% net) non plus pour le Livret d’épargne populaire (LEP), qui pourrait toutefois sortir un peu de l’ombre du Livret A.

Le Plan épargne logement (PEL), enfin, vit encore, « puisqu’il génère toujours des variations d’encours positives grâce aux intérêts capitalisés », note Cyril Blesson. Mais il est promis à une mort lente. Ce qui pose la question, pour le consultant, de « la création d’un autre produit de bilan à moyen terme, qui permettrait aux banques d’anticiper le risque sur leurs ressources en cas de désaffection pour les dépôts à vue quand la hausse des taux courts surviendra. » Un chantier, peut-être, pour 2019.

Le prélèvement à la source va-t-il changer la donne ?

Grande nouveauté fiscale de 2019, le prélèvement à la source va-t-il changer quelque chose aux habitudes des Français en matière d’épargne ? « C’est une petite source d’incertitude. Confrontés à une baisse du salaire versé, vont-ils s’orienter vers l’épargne de précaution ? Difficile à dire », analyse Cyril Blesson. « Ce qui est certain, c’est que cela va avoir un impact sur la saisonnalité des produits. Les gens, par exemple, qui mettaient de l’argent de côté en prévision du paiement des tiers provisionnels n’auront plus à le faire. Mais cela concerne au final peu de foyers : seulement 43% d’entre eux paient l’impôt sur le revenu, et sur ce total, 60% ont déjà opté par la mensualisation. En année pleine, cela ne devrait donc pas changer grand chose. »

L’assurance vie va-t-elle profiter de la réforme de l’ISF ?

Valeur sûre, l’assurance vie s’apprête à boucler une bonne année 2018, bien au-delà des 20 milliards d’euros de collecte nette. Il devrait en être de même en 2019. Voire un peu mieux. « La réforme de l’ISF [transformé en IFI en 2018, NDLR] va représenter un afflux de 3,5 milliards d’euros vers des ménages aisés, qui ont une forte capacité de placement. Cela devrait profiter à l’assurance vie », pronostique Cyril Blesson.

Côté taux, l’heure ne sera pas encore au retournement de tendance. Annoncé par les observateurs aux alentours de 1,6% en moyenne en 2018, le rendement des fonds euros devrait légèrement baisser en 2019, annonce le spécialiste. Dans ce contexte, « les assureurs vont continuer à promouvoir les unités de compte », mais vont aussi devoir convaincre des épargnants échaudés par une année 2018 décevante sur les marchés.

La bourse va-t-elle rebondir ?

2018 n’aura pas été une bonne année pour la bourse, avec notamment une baisse de plus de 10% du CAC 40. Une situation que les épargnants français, peu portés sur le risque, n’aiment pas beaucoup et qui devraient « compliquer la commercialisation des produits actions », annonce Cyril Blesson : « Ils sont très pro-cycliques, ont tendance à acheter quand les actions sont chères, pas quand elles sont bradées, en oubliant que sur le long terme, les deux tiers du rendement des actions viennent des dividendes, pas de la plus-value. »

De multiples sources d’incertitude

La bourse va-t-elle rebondir en 2019 ? Difficile à dire, tant les sources d’incertitudes (guerre commerciale, Brexit, Italie…) sont nombreuses. Cyril Blesson penche toutefois pour une évolution favorable : « un léger rebond des marchés boursiers, de l’ordre de 3%, porté par certaines mesures gouvernementales comme le doublement du CICE ou la réforme annoncée de l’impôt sur les sociétés (IS). » Moins par la réforme de l’ISF : « Elle ne prévoit pas de fléchage vers les placements en fonds propres, rien n’empêche donc les ménages concernés de placer ces flux vers des produits sans risque. »

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