La crise économique fait exploser le déficit des régimes de retraite en France

La crise économique fait exploser le déficit des régimes de retraite en France

La crise économique fait exploser le déficit des régimes de retraite en France

Qu’il est loin, le temps où Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle, jurait que les retraites ne seraient pas un problème au cours de son quinquennat! «On a une chance, c’est qu’il n’y aura pas de déséquilibre financier du système», assurait-il dans Le Figaro, fin avril 2017, dans l’entre-deux tours, avant de promettre d’«en profiter pour régler les enjeux de manière systémique, afin qu’on n’ait plus à y revenir». Depuis, rien ne s’est passé comme prévu. Non seulement le système a vite dérivé, en faisant apparaître un besoin de financement de l’ordre de 12 milliards d’euros par an à horizon 2025, mais la crise l’a fait exploser à des niveaux inédits.

D’après l’estimation du conseil d’orientation des retraites (COR), le déficit du système avoisinerait les 30 milliards à la fin de l’année – contre 4,2 milliards attendus initialement, soit une multiplication par sept. Cette dégradation est exclusivement liée à la chute des recettes, de l’ordre de 26 milliards, en raison des mesures d’exonération et de reports de cotisations décidées par le gouvernement alors que les dépenses ne devraient baisser, à cause de la surmortalité chez les personnes âgées, que de 500 millions.

Et encore, ce résultat n’est sans doute qu’un minimum car le COR précisait jeudi dans sa présentation qu’il s’agit d’une «estimation provisoire, susceptible d’être ultérieurement révisée de manière significative». De même, l’écart de niveau de vie entre les retraités et les actifs, qui était de 5 % en 2019 et sur lequel le président Macron a bâti une partie de sa politique en début de quinquennat, devrait doubler cette année alors qu’il était destiné à décroître.

Cette première estimation de la crise sur les régimes de retraite est cruciale car elle va conditionner l’avis que le comité de suivi des retraites (CSR) doit rendre à Édouard Philippe avant le 14 juillet. Cet aréopage de cinq spécialistes du sujet est en effet chargé, depuis la réforme Touraine de 2014, de prévenir le premier ministre en cas de dérive des comptes. Or, cela fait trois ans que le CSR l’alerte d’un retour des déficits et le somme de prendre des mesures correctrices…

C’est d’ailleurs son avis qui, à l’été 2019, avait relancé la piste d’un âge pivot de 64 ans pour rééquilibrer à court terme, et avant la mise en œuvre du régime universel, les finances du système de retraite. Nul doute que l’opus 2020, compte tenu de l’ampleur de la dégradation des comptes, devrait rappeler un peu plus fort la nécessité de réformer le système.

Dans sa note, le COR évoque d’ailleurs une piste en pointant que deux pays à la doctrine économique radicalement opposée, le Royaume-Uni et la Suède, ont déjà programmé de réviser les modes d’indexation des pensions «pour faire participer, au moins partiellement, les retraités au financement des effets de la crise sanitaire». Pas sûr que cette voie sera retenue par l’exécutif qui a promis, après l’épisode catastrophique de la hausse non compensée de CSG pour cette catégorie de la population, de ne plus toucher au pouvoir d’achat des retraités…

Réforme systémique

Reste qu’Emmanuel Macron semble avoir envie de remettre sur le chantier sa réforme systémique, dont l’examen au Sénat en avril a été reporté sine die. Le président souhaiterait en effet la faire voter avant 2022, mais après l’avoir expurgé de ses éléments non consensuels. Une option que rejette l’ensemble des partenaires sociaux, y compris la CFDT. «Je continue à croire qu’un système universel de retraites est plus juste. Je n’abandonne pas. Mais ce n’est pas le moment de repartir dans des affrontements sur ce sujet à la rentrée», a déclaré Laurent Berger, son secrétaire général, lors d’une rencontre organisée jeudi par l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).

La question de la réforme des retraites, que beaucoup croyaient enterrée, risque bien de revenir sur le devant de la scène. Mais pas forcément sous les angles qu’on pouvait penser…

Source Le Figaro

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