Retraite : ces pistes de travail pour rétablir l’équilibre du régime

Retraite : ces pistes de travail pour rétablir l’équilibre du régime

Jean Castex, l’a déjà martelé, il veut discuter retraite dès cet été. Il distingue deux sujets. “Je proposerai aux partenaires sociaux de distinguer la réforme dite systémique pour un système plus juste sur lequel la concertation va reprendre et ensuite la question de l’équilibre du système actuel sur lequel je demanderai aux partenaires sociaux de me faire des propositions”, a-t-il précisé devant le Sénat mercredi 8 juillet. Sauf que les partenaires sociaux qu’il a commencé à rencontrer ce jeudi 9 juillet ne l’entendent pas de cette oreille. “Je ne sais pas ce qu’ils ont en tête. Pour nous, c’est inutile de lever cette question en ce moment. Si l’on veut construire un système de retraite, cela va se faire sur les 20 prochaines années, alors nous ne sommes pas à quelques mois près”, estime Frédéric Sève, spécialiste des retraites pour la CFDT.

Et même s’ils ne sont pas pour retravailler sur la question dès maintenant, plusieurs syndicats comme la CFDT ou l’Unsa ont déjà assuré qu’en cas de reprise des concertations, ils ne pratiqueraient pas la politique de la chaise vide. Le tout est maintenant de savoir sous quelle forme ces discussions vont s’organiser et si l’on repart d’une page blanche après déjà plus de deux ans de rencontres sur cette question. “Il y avait une conférence de financement qui est éclairée maintenant par la crise, a affirmé le locataire de Matignon, mercredi 8 juillet sur BFMTV. On va en discuter.”

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Car si les chiffres ont changé, la question de trouver des mesures pour rééquilibrer le système de retraite n’est pas nouvelle. Avant le confinement, une conférence de financement réunissant le patronat, les syndicats et le gouvernement travaillait sur un “éventail de mesures” pour rétablir l’équilibre. Depuis, l’étendue des mesures a prendre a évolué. On ne parle plus de résorber le déficit de 12 milliards prévu en 2027, mais, si l’on suit les prévisions du Conseil d’orientation des retraites (Cor), de trouver des solutions pour combler le trou de 30 milliards annoncé dès 2020. En se basant sur le travail déjà réalisé par la conférence de financement et sur les différentes déclarations, voici les pistes sur lesquelles les partenaires sociaux et le gouvernement pourraient être amenés à débattre dans les prochains mois.

Allongement de la durée de cotisation

Le président de la République a prévenu dans son interview donnée à la presse quotidienne régionale le 3 juillet dernier : il faudra cotiser plus longtemps. Mais concrètement, qu’est-ce que cette annonce peut signifier ? Une des pistes pourrait être d’accélérer la réforme Touraine qui vient d’entrer en vigueur en 2020. Son principe : augmenter d’un trimestre, toutes les 3 générations, la durée de cotisation pour obtenir le taux plein. Ainsi, toutes les personnes nées en 1973 ou après devront cotiser 172 trimestres pour ne pas subir de décote sur leur pension. Le gouvernement pourrait décider, au lieu d’une augmentation d’un trimestre tous les 3 ans, de passer à un trimestre tous les ans.

Une mesure d’âge

C’est le fameux âge pivot qui a fait l’objet de nombreux débats avant le confinement. Si vous partez avant cet âge, votre pension subit une décote, au-delà le montant est rehaussé. Dans la proposition originale du gouvernement, il s’agissait de fixer progressivement cet âge pivot à 64 ans et en parallèle de reculer l’âge automatique de suppression de la décote de 67 à 65 ans. “Dans les discussions de la conférence de financement, nous étions plutôt autour d’un âge pivot à 63 ans avec une suppression de la décote à 66 ans”, rappelle un participant. Le débat portait aussi sur les premières générations qui pourraient être concernées, et là encore, la conférence n’avait pas tranché cette question.

Augmenter les cotisations

Le précédent gouvernement ne voulait pas en entendre parler et l’avis ne semble pas avoir changé, même après le remaniement. Pas question d’augmenter les cotisations. Une ligne partagée par le patronat mais pas par certains syndicats qui voulaient être libres de pouvoir étudier toutes les hypothèses. Contrairement à son prédécesseur qui avait envoyé des consignes précises à la conférence de financement en disant que le retour à l’équilibre ne devrait pas passer par une hausse des cotisations ou une baisse des pensions, la méthode de Jean Castex est différente. “Je ne commence pas le dialogue et la concertation en donnant la solution avant”, a-t-il assuré sur BFMTV. “C’est une bonne idée, se félicite Dominique Corona, en charge des retraites pour l’Unsa et c’est bien de ne pas se fixer d’interdit et d’étudier toutes les pistes.”

Geler les pensions

C’était aussi un interdit du précédent gouvernement : ne pas baisser les pensions. Si une baisse semble peu probable, la situation actuelle peut laisser penser qu’un gel pourrait être décidé dans les prochaines années. La mesure pourrait même est prise de façon automatique. Par exemple, pour la retraite complémentaire des salariés du privé Agirc-Arrco, la revalorisation effectuée chaque 1er novembre se base sur les chiffres de l’inflation de juin hors tabac. Or, cette année, ils s’affichent à 0,1%. Le gouvernement pourrait aussi faire le choix, comme les années précédentes, de sous-revaloriser la retraite de base ou de maintenir une revalorisation différenciée en fonction des revenus. Ainsi en 2020, les retraités gagnant moins de 2.000 euros brut ont vu leur retraite augmenter de 1%, contre 0,3% pour ceux gagnant plus.

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Prolonger la CRDS

La contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) devait initialement s’éteindre en 2024 avec la résorption du déficit. L’une des pistes était de rendre cette CRDS durable et d’en utiliser une partie pour rétablir l’équilibre du régime. Sauf que depuis, la crise sanitaire a changé la donne. S’il est bien prévu de prolonger la CRDS, l’argent n’ira pas pour le financement des retraites mais pour continuer à résorber la dette sociale qui a explosé.

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Puiser dans le fonds de réserve des retraites

Créé au début des années 2000, le fonds de réserve des retraites (FRR) a pour but de faire face à l’afflux de retraités dits “baby boomer”. Si aujourd’hui une partie de ce fonds sert à épurer la dette sociale, ses réserves, qui fin 2019 s’élevaient à plus de 30 milliards d’euros, pourraient être utilisées pour rééquilibrer le système de retraite.

Augmenter la CSG

Le gouvernement s’est déjà frotté à une hausse de la CSG pour les retraités en 2018. Face aux contestations, il a dû faire marche arrière pour un certain nombre d’entre eux. Mais cette idée a ressurgi au moment de la conférence de financement. “Nous avions évoqué l’hypothèse d’appliquer le même taux que les actifs à 9,3% à certains retraités en fonction des ressources”, se remémore l’un des participants à la conférence de financement. Mais comme pour la hausse des cotisations, cette piste pourrait être très vite éliminée par l’exécutif.

Source Capital.fr

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