Retraités, avez-vous les moyens de vieillir à domicile ? Nos calculs, profil par profil

Retraités, avez-vous les moyens de vieillir à domicile ? Nos calculs, profil par profil

Retraités, avez-vous les moyens de vieillir à domicile ? Nos calculs, profil par profil

Retraités, avez-vous les moyens de vieillir à domicile ? Nos calculs, profil par profil

Si l’on sait qu’un logement dans un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) coûte en moyenne 2.000 euros par mois, il est beaucoup plus difficile d’estimer le coût de la vie pour une personne en perte d’autonomie qui continue à vivre chez elle. Pour vous aider à vous projeter, Capital, en partenariat avec le site retraite.com, a chiffré le reste à vivre de personnes âgées en fonction de leur âge, leur niveau de revenu et de dépendance. Pour chaque tranche d’âge et niveau de dépendance, le site retraite.com, en collaboration avec les membres de Silver Alliance, a commencé par recenser les dépenses indispensables lorsque vous restez chez vous malgré votre perte d’autonomie. Les chiffres pris en compte ont été relevés en décembre 2020. “La réforme 100% santé mise en place début 2020 a clairement marqué la volonté des pouvoirs publics d’améliorer l’accès aux soins et de garantir aux plus grand nombre une prise en charge à 100% de certaines prestations en dentaire, optique et plus récemment aux soins des appareils auditifs depuis début 2021”, précise Ludovic Herschlikovitz, fondateur de retraite.com.

Entre la mutuelle, les frais pour l’optique, le dentaire ou encore l’auditif, mais aussi la téléassistance, l’aide à domicile et les frais de transport, rester chez soi a un coût. Et sans surprise, plus vous vieillissez et plus vous devenez dépendant, plus il est important. “Vieillir à domicile a logiquement un coût croissant avec l’âge pour veiller sur sa santé et compenser sa perte d’autonomie, estime l’expert. Avec un pouvoir d’achat parfois en berne à la retraite, définir tous les services nécessaires au bien vieillir à domicile est indispensable”, préconise-t-il.

En restant chez vous, ce ne sont pas les seuls frais que vous aurez à régler, en plus d’un loyer, nous avons pris en compte la taxe foncière pour les propriétaires. L’Union nationale des propriétaires immobiliers (Unpi) a calculé pour nos exemples, les montants de la taxe foncière avant éventuellement exonération ou dégrèvement. Dans nos simulations, nous n’avons pas intégré la taxe d’habitation, sachant qu’elle sera supprimée pour la résidence principale en 2023. Mais pour être le plus précis possible, nous avons déterminé les niveaux d’imposition sur le revenu auxquels restent soumis chacun de nos profils de retraités, selon leur ressources (11.000 euros, 30.000 euros et 80.000 euros par an), à l’aide du simulateur du site impots.gouv.fr.

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Enfin, pour les personnes les plus dépendantes, nous avons calculé le niveau d’aide personnalisée à l’autonomie (APA) qu’il est possible d’obtenir à partir du simulateur mis en ligne par Ouihelp, société spécialisée dans le service à domicile. Le coût de la prise en charge varie en fonction du niveau de dépendance et des ressources. Nous avons choisi de différencier deux niveaux de dépendance (Gir 3 pour la dépendance moyenne et Gir 1 pour une dépendance élevée) que nous avons rapporté chaque fois à nos trois niveaux de revenus (11.000 euros, 30.000 euros et 80.000 euros par an). Ainsi, pour un revenu à 11.000 euros, le reste à charge après crédit d’impôt est de 16,50 euros par mois pour un Gir 3. Il est nul pour un Gir 1. Pour notre exemple gagnant 30.000 euros par an, le reste à charge est de 318,40 euros après crédit d’impôt pour un Gir 3 et de 520,80 euros pour un Gir 1. Avec un revenu annuel de 80.000 euros, le reste à charge par mois est de 456,90 euros après crédit d’impôt pour un Gir 3 et 787,80 euros pour un Gir 1.

Attention, ces chiffres sont à titre indicatifs et ne correspondent pas précisément à chaque cas personnel. “Le montant du crédit d’impôt ne dépend pas uniquement du plan d’aide et des ressources mais également du prix facturé par la structure”, prévient la Fédération du service aux particuliers (Fesp). Pour nos cas-type, nous sommes partis de l’hypothèse que les frais facturés ne dépassent pas le maximum octroyé pour les plans d’aide et fixés en fonction du niveau de dépendance.

A partir de l’ensemble de ces données nous avons étudié trois situations différentes déclinées en fonction du niveau de dépendance, de l’âge et des revenus.

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Exemple 1 : un retraité vivant seul à Avignon. Il est locataire d’un trois pièces de 54 m² qu’il loue 650 euros par mois, charges comprises.

Commençons par évaluer le poids de la fiscalité. Quel que soit son âge et son niveau de dépendance, notre retraité qui gagne 11.000 euros par an, sera exonéré d’impôt sur le revenu, et percevra même, en tant que locataire, une aide personnalisée au logement (APL) de 123 euros par mois (source simulateur de la Caisse d’allocations familiales). Si ses ressources sont de 30.000 euros, il devra s’acquitter de 2.106 euros d’impôt sur le revenu. Un chiffre qui grimpera à 17.137 euros par an dès lors que ses ressources annuelles s’élèvent à 80.000 euros.

S’il gagne 11.000 euros par an, notre retraité âgé de 65 ans n’aura pas de ressources suffisantes en cas de perte d’autonomie, pour continuer à vivre chez lui. En cas de dépendance, il lui manquera ainsi…20,92 euros par mois pour vivre. Un chiffre qui grimpe à 146,67 euros en cas de dépendance forte. Avec des ressources égales ou supérieures à 30.000 euros par an, il ne rencontrera, en revanche, plus de problèmes et disposera d’un reste à vivre suffisant. Ce reste à vivre sera cependant peu élevé s’il est très dépendant (546,87 euros par mois).

A 75 ans, et avec un un niveau de dépendance faible, notre retraité dépensera 331 euros par mois pour financer sa mutuelle, son assurance ou encore les frais de téléphone, les dépenses de santé. A ces dépenses “contraintes” s’ajouteront son loyer de 650 euros. S’il perçoit de faibles revenus, il touchera l’aide personnalisée au logement (APL) d’un montant de 123 euros par mois. Mis bout à bout, son reste à vivre sera tout juste de 74 euros par mois. Ses faibles ressources deviendront encore plus problématiques en cas de perte d’autonomie. En effet, il lui manquera 57,50 euros par mois si sa perte d’autonomie commence à être conséquente et 183,90 euros par mois, si elle est importante.

En revanche, nos profils avec des revenus plus élevés, disposeront d’un reste vivre suffisant, quel que soit le niveau de dépendance. Pour un revenu de 30.000 euros, les dépenses pour les mutuelles, la téléphonie ou encore la prévention obsèques, s’élèvent à 523,91 euros par mois, le reste à vivre dépasse 800 euros, il est de 692,78 en cas de dépendance forte.

En avançant en âge, notre profil de retraité risquera de rencontrer des difficultés financières s’il perçoit de faibles ressources et qu’il reste à domicile. En cas de grande dépendance, il lui manquera ainsi 438,75 euros par mois pour vivre. Ses dépenses contraintes seront très lourdes. En plus du loyer, les frais pour la mutuelle, les dépenses de santé, mais aussi pour du matériel médical lui coûteront au total plus de 800 euros, ce qui est quasiment l’équivalent de sa retraite. On le voit, même avec des ressources plus importantes (30.000 euros), le reste à charge sera limité en cas de forte dépendance (269,95 euros par mois).

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Exemple 2 : une retraitée vivant en couple à Paris, propriétaire de son logement (60 m² dans le 19e arrondissement) et qui n’a plus de prêt à rembourser. Son conjoint perçoit une pension de 36.000 euros par an.

Notre deuxième exemple vit en couple. Pour des facilités de calcul, nous avons décidé de diviser par deux le paiement de la taxe foncière et de l’impôt sur le revenu. D’après les simulations de l’Union nationale des propriétaires immobiliers, le montant de la taxe foncière s’élève à 1.273 euros. Nous avons donc considéré que notre retraitée paie 53,04 euros par mois de taxe foncière. Pour l’impôt sur le revenu, elle paie 99,21 euros par mois si elle gagne 11.000 euros par an, 277,25 euros si ses ressources annuelles s’élèvent à 30.000 euros et 902,25 euros par mois si elle gagne 80.000 euros par an.

Contrairement à notre exemple précédent, notre retraitée aura toujours un reste à vivre suffisant même en cas de forte dépendance et de faibles revenus. Ainsi, si ses ressources s’élèvent à 11.000 euros par an et qu’elle est en perte d’autonomie, il lui restera 228 euros par mois pour vivre. Un chiffre qui sera cependant peu élevé. Elle dépensera près de 536 euros pour ses frais de santé, de mutuelle ou encore pour le transport.

Comme à 65 ans, notre exemple a, dans toutes les situations, suffisamment pour vivre. Cependant, avec l’âge, son reste à vivre s’amenuisera en cas de dépendance. Ainsi, si elle gagne 11.000 euros par an et qu’elle est très dépendante, il lui restera 190,83 euros pour vivre, un chiffre qui passera à 972,49 euros si ses ressources annuelles s’élèvent à 30.000 euros.

Avec l’âge, même sans une grande dépendance, les frais de mutuelle ou encore pour l’aide à domicile croissent. Ainsi, dans le cas où notre retraité est toujours autonome, elle dépensera quand même plus de 400 euros par mois pour sa mutuelle, son assurance, ses frais de santé. Un chiffre qui atteindra 536 euros en cas de dépendance importante. A cela s’ajoutera la prise en charge de l’aide à domicile qui varie en fonction des revenus. Résultat, à 85 ans avec des revenus de 11.000 euros par an et une dépendance forte, notre exemple se retrouvera à ne pas avoir suffisamment d’argent à la fin du mois et devra donc s’appuyer sur les ressources de son conjoint. “La réalité quotidienne de la vie des seniors met en évidence qu’en fonction du montant de leur retraite ils n’ont pas d’autres choix que de limiter certains services tels que les soins dentaires ou l’aide à domicile”, estime le fondateur de retraite.com. Inversement, d’autres frais restent essentiels et incompressibles comme les produits d’incontinence, qui nous confrontent de manière réelle et souvent cachée sur la dignité de vivre sa vieillesse à domicile dans de bonnes conditions”.

Exemple 3 : un retraité célibataire propriétaire de son logement à Reims et qui a réalisé deux investissements locatifs à Reims également (l’un de 21 m² qu’il loue 410 euros par mois et l’autre de 34 m² qu’il loue 495 euros).

Notre troisième et dernier profil de retraité doit s’acquitter de 1.318 euros d’impôt sur le revenu s’il gagne 11.000 euros par an, de 5.410 euros si ses ressources annuelles s’élèvent à 30.000 euros et 19.513 euros s’il gagne 80.000 euros.

Par ailleurs, d’après les calculs de l’Unpi sa taxe foncière est de 3.605 euros. Elle est de 1.055 euros pour sa résidence principale, de 1.137 euros pour le logement de 21 m² et de 1.413 euros pour le logement de 34 m².

On le voit, les investissements locatifs réalisés par notre exemple lui permettront d’avoir les ressources suffisantes pour financer sa perte d’autonomie. Même avec de faibles revenus (11.000 euros par an) et une forte dépendance, il lui restera 875 euros par mois. Sa situation sera plus confortable que celle de notre premier exemple qui était locataire de son logement.

Même l’âge avançant, les revenus locatifs perçus par notre retraité lui permettront de financer en grande partie les dépenses liées à sa perte d’autonomie. Prenons le cas où sa dépendance est élevée (Gir 1) et ses ressources annuelles atteignent 30.000 euros. Pour tous les frais de mutuelle, de dépenses de santé ou de transport, il déboursera chaque mois 676 euros. Pour l’aide à domicile, il dépensera 520 euros par mois, ce qui fait un total de 1.196 euros. Les 905 euros de loyer qu’il touche chaque mois, lui permettront en majorité de couvrir ces frais.

L’âge avançant, la situation de notre exemple, s’il perçoit de revenus faibles, deviendra plus complexe. Avec des ressources annuelles de 11.000 euros, s’il est très dépendant, il lui restera 583 euros pour vivre. Les loyers qu’il perçoit ne couvriront pas l’intégralité de ses dépenses pour sa perte d’autonomie. Ils permettront toutefois d’éviter que l’intégralité de ses ressources soit insuffisante pour financer sa perte d’autonomie.