Placements à risque faible : trop de sécurité peut nuire à votre épargne

Placements à risque faible : trop de sécurité peut nuire à votre épargne

Les produits sans risque rapportent de moins en moins. Pour certains, le rendement réel se révèle même négatif à cause de l’inflation. Faites le tri car, à trop laisser mijoter votre épargne, vous risquez de boire le bouillon.

Si vous êtes adeptes du risque zéro, il va falloir vous contenter d’une faible rémunération. « Le rendement des placements garantis est le plus faible de tous », explique Philippe Crevel, directeur du centre d’études Le Cercle de l’épargne. Pire, certains vous font même perdre de l’argent. C’est le cas de la plupart des livrets réglementés, comme le livret A.

Avec une collecte de plus de 11 milliards d’euros versés en 2018, ce dernier a pourtant toujours la faveur des Français. A tort. « Le gouvernement a gelé son rendement à 0,75 % jusqu’en février 2020. Ils feraient mieux de le bouder ! » suggère Philippe Crevel. Avec la hausse de l’inflation (+ 2,3 % sur un an, selon l’Insee), la rémunération réelle de ce produit non imposable est négative.

Si vous détenez au-dessus de 10 000 euros, par exemple, vous perdez actuellement plus de 100 euros par an de pouvoir d’achat. « Mieux vaut donc ne laisser sur ce placement plafonné à 22 950 euros que la trésorerie nécessaire pour faire face aux coups durs », recommande Maxime Chipoy, responsable du comparateur Meilleurebanque.com. Même conseil pour le livret de développement durable et solidaire (LDDS), plafonné à 12 000 euros et dont le rendement est identique (0,75 %).

Réservé aux ménages aux revenus modestes, le livret d’épargne populaire (LEP) est le seul à limiter la casse. Il rapporte 1,25 % par an, soit un demi-point de plus que le livret A, mais il est plafonné à 7 700 euros. Pour l’ouvrir en 2018, par exemple, votre revenu fiscal de 2016 ne doit pas excéder 19 468 euros si vous êtes célibataire. La rentabilité doit donc être cherchée ailleurs, notamment du côté du plan d’épargne logement (PEL).

Les PEL antérieurs à 2016 restent intéressants

Neuf PEL sur dix rapportent au moins 2,5 %, selon la Banque de France. Si ceux qui ont été ouverts cette année ont peu d’atouts (lire l’encadré), les plans antérieurs à 2016 restent très attractifs : leur rémunération atteint 3,27 % s’ils ont été ouverts entre juillet 2000 et juillet 2003, et 2,5 % s’ils l’ont été entre août 2003 et février 2015. De plus, ils peuvent être conservés sans limite de durée s’ils sont antérieurs à mars 2011 (quinze ans s’ils ont été ouverts après).

Bien que les intérêts accumulés sur un PEL soient soumis aux prélèvements sociaux et imposables à partir de leur douzième anniversaire, le rendement net de ce placement reste imbattable. Si vous avez ouvert un PEL début 2005, par exemple, il rapporte 2,5 % brut, et 1,75 % après application du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % mis en place en 2018 par les réformes Macron. C’est plus du double du rendement du livret A, pour un niveau de sécurité identique.

Pour espérer gagner un peu plus en privilégiant la stabilité, les fonds en euros des contrats d’assurance-vie représentent une solution intéressante. En 2017, ils ont rapporté en moyenne 1,8 % net de frais, soit plus que le PEL ou le livret A, même s’ils sont eux aussi pénalisés par l’inflation. « Les assureurs ont encore des réserves pour maintenir des taux attractifs, ce qui est plutôt rassurant », confirme Maxime Chipoy. Le rendement des fonds en euros de 2018 ne devrait pas baisser.

En attendant, certaines enseignes proposent des rémunérations égales ou supérieures à 2 %, comme la MASCF (2,4 % pour RES) ou la Mutuelle d’Ivry La Fraternelle (2,5 % pour Epargne Libre Avenir). Le conseil ? Préférez les contrats sans frais d’entrée qui ne rognent pas la performance (2 % pour Suravenir Rendement commercialisé par Altaprofits, Fortuneo ou Linxea…) et qui ont fait leurs preuves sur les cinq dernières années.

En immobilier, misez sur les petites surfaces

Si vous comptez profiter des taux de crédit très bas (autour de 1 % sur quinze ans) pour acheter un bien immobilier locatif, soyez stratèges. « Les particuliers qui veulent investir avec le risque global le plus faible possible doivent privilégier l’achat de studios et de deux-pièces dans les centres-villes des grandes agglomérations, comme Paris, Lyon, Lille, Rennes… », assure Sébastien de Lafond, président de Meilleursagents.com.

« Pour être peu risqué, un bien doit pouvoir être revendu rapidement en cas de retournement de conjoncture », ajoute-t-il. L’euphorie immobilière ayant fait grimper les prix dans les hypercentres des grandes agglomérations, plus que dans les banlieues de villes moyennes, vous risquez d’acheter cher (entre 4 000 et 15 000 euros le mètre carré selon la ville) et donc de grignoter votre rentabilité locative, qui oscille en moyenne entre 1 et 4 % dans les grandes métropoles.

Néanmoins, vous aurez l’assurance de louer facilement votre bien. Vous pourrez ainsi sélectionner les meilleurs dossiers de locataires, ce qui minorera le risque global et vous garantira la tranquillité en tant que bailleur. Vous n’aurez aucun mal non plus à revendre votre bien le moment venu, car les petites surfaces sont à la fois prisées des investisseurs et des jeunes primo- accédants, des parents d’étudiants et des seniors qui se réinstallent dans un quartier agréable proche de toutes les commodités.

LES PRODUITS QUE VOUS POUVEZ ÉVITER

  • Avec un rendement de 1 % brut et une fiscalité alourdie (prélèvement forfaitaire unique, ou PFU, de 30 % applicable dès la première année), ouvrir un PEL en 2018 est peu avantageux pour un épargnant. Pas plus que le compte épargne logement (CEL), encore plus mal rémunéré (0,5 % brut). Avec la hausse de l’inflation, son rendement réel est négatif !
  • L’attrait des livrets bancaires est aussi très limité: leur rendement brut moyen atteint 0,26 % (hors promotions), selon la Banque de France. Les sicav monétaires, bien que sans risque, ont une rémunération réelle négative.
  • Les comptes à terme (CAT), eux, imposent de bloquer votre argent entre un mois et cinq ans pour une rémunération fixée à l’avance (1,5 % brut sur trois ans chez RCI Bank) et sont fiscalisés (PFU ou impôt sur le revenu). Et tout retrait anticipé entraîne des pénalités.
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