La diversification : une stratégie gagnante

La diversification : une stratégie gagnante

« Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Ce principe de bon sens populaire est parfaitement adapté aux placements. Tout conseiller consciencieux recommande en effet à ses clients de diversifier leurs investissements. Mais pourquoi chercher à multiplier ses placements alors que cela peut augmenter les coûts de gestion ? Tout est ici question d’exposition au risque.

Ne pas dépendre d’un seul actif

Imaginons une personne ayant 150.000 euros à investir dans l’immobilier. En se tournant vers un seul appartement, elle limitera certes ses contraintes de gestion. Mais en retour, le devenir de son patrimoine reposera sur un seul locataire et un seul secteur. En cas d’impayé ou de crise locative dans la zone, ce patrimoine ne génèrera aucun revenu.

En revanche, si cette même personne choisit de morceler son investissement en prenant 3 studios de 50.000 euros chacun, elle réduira nettement le risque de vacance locative. La probabilité que les trois bien soient vides au même moment sera faible, surtout si les appartements sont situés dans des zones différentes.

La décorrélation

Comme le montre cet exemple, la clé de la diversification réside dans la décorrélation des actifs. Autrement dit, une diversification est efficace lorsque les investissements ne sont pas soumis aux mêmes risques.

Acheter les actions de cinq constructeurs automobiles limite certes l’exposition au risque de chaque entreprise. Toutefois, en cas de coup de froid sur le marché automobile, les chances de voir les cinq actions reculer de concert seront élevées.

L’objectif de la diversification est donc de trouver des actifs qui ne réagissent pas tous dans le même sens et dans les mêmes proportions, par exemple en associant actions et obligations.

Réduire la volatilité du portefeuille

Techniquement, la décorrélation permet d’abaisser la volatilité du portefeuille, c’est-à-dire l’amplitude théorique des performances.

Imaginons un placement A, de type fonds à formule, qui propose quatre scénarios aux probabilités égales : une perte de 15% avec le scénario 1, un gain de 10% avec le scénario 2, un gain de 20% avec le scénario 3 et un gain de 30% avec le scénario 4.

L’espérance de gain moyen est ici de 11,25%, mais avec une forte amplitude, le gain pouvant aller de -15% à +30%.

Un autre placement, le placement B, est proposé. Il reprend les mêmes scénarios mais avec des perspectives de gain (ou de perte) différentes : +25% dans le scénario 1, +15% dans le scénario 2, +5% dans le scénario 3 et -10% dans le scénario 4.

Ici, l’investisseur peut espérer un gain moyen de 8,75%. Et si l’amplitude de performances (-10%/+25%) est plus limitée qu’avec le placement A, elle demeure malgré tout élevée.

Plutôt que de choisir l’un ou l’autre de ces produits, l’investisseur aura donc tout intérêt à investir la moitié de son capital dans chacun d’entre eux. Il pourra alors gagner 5% avec le scénario 1, 12,5% avec les scénarios 2 et 3, et 10% avec le scénario 4.

Certes, l’espérance de gain (10%) sera plus limitée qu’avec le placement A, mais la volatilité sera considérablement réduite, avec une performance ne pouvant osciller qu’entre 5% et 12,5%.

On pourra dire que l’investisseur a optimisé son couple rendement/risque en abaissant la volatilité de son portefeuille. De fait grâce au principe de décorrélation, la volatilité du portefeuille serait alors ramenée à 3,54% contre 14,93% avec le placement B et 19,31% avec le placement A.

En résumé

Pour faciliter sa compréhension, l’exemple ci-dessus a été volontairement simplifié et exagéré. Mais il montre que le fait d’associer deux lignes à forte volatilité peut permettre d’obtenir un portefeuille avec une faible volatilité. La condition est de dénicher des actifs ne réagissant pas de concert (et pouvant réagir en sens inverses dans le meilleur des cas).

L’autre question des épargnants en matière de diversification concerne généralement le nombre de lignes à retenir. Ce critère dépend bien évidemment de l’ampleur du patrimoine et du type d’actifs (on ne divise pas un patrimoine immobilier aussi facilement qu’un patrimoine en actions). Sur ce plan, il peut être utile de se tourner vers un conseiller. En tout cas pour les portefeuilles en actions, les spécialistes estiment qu’au-delà d’une vingtaine de ligne, l’amélioration du couple rendement/risque devient anecdotique et ne compense pas nécessairement les surcoûts induits.

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