Vers la fin des fonds en euros ?

Vers la fin des fonds en euros ?

La question revient sur la table des assureurs presque tous les ans. Nous dirigeons-nous vers la suppression pure et simple des contrats d’assurances-vie constitués de fonds en euros ? C’est ce que semble en tous cas souhaiter le vice-président de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) Bernard Delas qui a encouragé les assureurs à œuvrer en ce sens dans une interview en septembre dernier. En cause, des rendements trop faibles, selon le « gendarme » français des assurances et des banques. Explications. 

Des taux d’emprunt d’État à taux négatifs

C’est un entretien publié par l’Argus de l’assurance le 10 septembre dernier qui a mis le feu aux poudres. Bernard Delas, le numéro 2 du régulateur français du secteur financier y appelle les assureurs de l’hexagone à renoncer progressivement à proposer des fonds en euros à leurs clients. Quelques jours plus tard, c’est le PDG de Generali France, Jean-Laurent Granier, qui proclamait dans Les Échos que « le monde du fonds euros roi est terminé ». Des déclarations qui agacent dans le milieu et notamment le président du courtier Linxea qui déclarait il y a quelques semaines au site Cbanque.com que « toutes ces déclarations, on les entend chaque année ou presque ! Le fait que le monde du 100 % fond en euros est terminé, on le sait depuis longtemps ! Je n’apprécie pas qu’on sème la terreur ».  À quelques rares exceptions, les professionnels du secteur semblent donc d’accord sur le principe de ne pas tout miser sur les fonds en euros. Et particulièrement depuis 2019 où les taux des marchés monétaires ont encore baissé. Le plus marquant étant les TEC 10 (taux d’emprunt d’État à 10 ans) qui sont passés à un taux négatif ! En conséquence, comme l’explique le président du directoire de Suravenir Bernard Le Bras dans un entretien à MoneyVox, « le TEC est à -0,25 % fin septembre, et c’est ce chiffre qui servira de photographie pour nos ratios de fonds propres Solvabilité 2. (…) Si je garantis un capital entrant sur un fonds en euros, je sais que la valeur de ce capital va diminuer dans les années à venir, alors que je dois garantir le montant versé à l’épargnant. Dans ces conditions, il n’est pas possible de commercialiser éternellement du fonds en euros, du moins pas comme aujourd’hui ».

Les conséquences pour les épargnants

Les risques sont donc importants pour les épargnants, même si les assureurs ont stocké des réserves et que les fonds en euros ont encore offert en 2018 un rendement de 1,83 % en moyenne. « Le risque principal, comme l’explique Arnaud Cohen du cabinet Forsides à Cbanque.com, est que la richesse accumulée sur les fonds en euros commence à décroître et ne permette plus d’assurer la transformation de l’industrie ».  Les assureurs doivent donc empêcher au maximum de nouveaux clients d’« entrer » sur des fonds en euros. En imposant par exemple des conditions d’accès restreintes. C’est d’ailleurs ce que compte faire Generali, vraisemblablement dès début 2020, en imposant à tout épargnant d’investir au moins 60 % de son versement sur des unités de compte (UC). Chez Afer et Aviva, ce sont 30 % qui doivent être investis en UC sur les contrats de plus de 100 000 €.L’assurance-vie reste le placement (en montant déposé) préféré des Français et selon Cbanque.com, 70 % des versements en assurance-vie se font sur des fonds en euros.

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