Auto-entrepreneurs : les “mal-aidés” du gouvernement pour sortir de la crise ?

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Auto-entrepreneurs : les “mal-aidés” du gouvernement pour sortir de la crise ?

Auto-entrepreneurs : les “mal-aidés” du gouvernement pour sortir de la crise ?

“Si on m’avait appelé, j’aurais pu expliquer pourquoi ce n’était pas comme ça qu’il fallait faire.” Depuis la présentation par Bercy et les Urssaf, le 25 mai, des mesures d’aides aux indépendants pour la sortie de crise, François Hurel, le président de l’Union des auto-entrepreneurs (UAE), ne cache pas sa déception. “Ce plan, aussi efficace soit-il pour les indépendants, n’est pas bien calibré pour les auto-entrepreneurs”, détaille-t-il à Capital. Selon lui, les mesures centrées sur des réductions de cotisations sociales et des échéanciers de remboursement de dettes sociales ne sont pas adaptées à la situation des 2,5 millions d’auto-entrepreneurs que compte l’Hexagone.

“À la différence des autres indépendants dont les cotisations sociales sont assises sur le bénéfice déclaré et qui ont un minimum annuel à payer, les auto-entrepreneurs ont leurs cotisations sociales assises sur leur chiffre d’affaires (CA), explique François Hurel. Mais la crise sanitaire a empêché un grand nombre d’entre eux de travailler… Ils n’ont donc pas contracté de dette sociale.” Ce qui rend selon lui le mécanisme d’apurement mis en place par le gouvernement “non pertinent”. Au cabinet d’Alain Griset, le ministre en charge des Petites et moyennes entreprises à Bercy, on s’étonne de l’argument avancé : “S’il n’y a pas de dette, tant mieux ! Mais ce n’est pas vrai dans toutes les situations. Il y a des auto-entrepreneurs qui ont contracté une dette sociale que le plan d’accompagnement permettra d’apurer. La réponse est donc bien adaptée.”

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Un mur de dettes personnelles avec la crise

Au-delà de la question du remboursement d’arriérés de cotisations sociales, c’est surtout le problème des dettes personnelles des auto-entepreneurs qui se pose. “Cette période de confinement a généré pour ces 2,5 millions d’auto-entrepreneurs un mur de dettes personnelles et ils se retrouvent dans une situation de risque de liquidation de leur activité et de faillite personnelle”, précisent, sans avancer de chiffres, l’UAE et l’association dédiée aux indépendants UNION (liée à la CFDT) dans un communiqué publié conjointement le 7 juin.

C’est pourquoi, François Hurel milite pour qu’une aide spécifique soit versée aux auto-entrepreneurs durant les six prochains mois. “Il faut les aider à hauteur de 500 à 700 euros par mois, pendant les six mois à venir.” De quoi leur permettre de franchir grosso modo la barre symbolique des 40% de leur chiffre d’affaires. En moyenne, les auto-entrepreneurs génèrent 18.000 euros de CA par an. Seuls 30% d’entre eux atteignent la barre des 35.000 d’euros.

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Selon l’UAE, cette aide est parfaitement justifiée car la reprise “est super lente pour ces travailleurs”. Notamment parce qu’ils dépendent d’entreprises qui elles-mêmes n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’activité d’avant crise. Ou, parce que dans le secteur de la prestation de services (garde d’enfants, etc.), leur clientèle de particuliers n’est toujours pas retournée au bureau.

“Au fond, le problème c’est que l’indépendant n’est pas reconnu dans ce pays. Je suis souvent écouté, mais rarement entendu”, déplore François Hurel. Mais la donne pourrait changer dans les années à venir. Le poids des indépendants va en s’accroissant. Chaque jour, 2.000 personnes se lancent dans l’auto-entreprenariat.

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Source Capital.fr

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