Agirc-Arrco : des décisions avant fin juillet pour rétablir les comptes ?

Agirc-Arrco : des décisions avant fin juillet pour rétablir les comptes ?

Agirc-Arrco : des décisions avant fin juillet pour rétablir les comptes ?

Agirc-Arrco : des décisions avant fin juillet pour rétablir les comptes ?

Un état des lieux avant les décisions. Après plusieurs rencontres en tête à tête, les syndicats et le patronat se sont retrouvés pour faire un bilan financier du régime. Plusieurs scénarios ont été présentés pour voir combien de temps, si aucune mesure n’est prise, le régime restera dans les clous de l’accord national interprofessionnel (ANI) de 2019. Pour rappel, cet accord fixe notamment à 6 mois de prestations les réserves nécessaires du régime. Si aujourd’hui elles tournent autour de 60 milliards, ce qui représente neuf mois de prestations, la tendance pourrait dévier dans les prochaines années.

D’après un scénario central présenté par les services techniques de l’Agirc-Arrco (taux de croissance à 1,3%, un taux de chômage moyen entre 2020 et 2040 de 7,88%), la règle des 6 mois de réserve ne serait plus valable à partir de 2030. Le régime pourrait ensuite la retrouver en 2045. “Comme c’est un régime que nous pilotons avec les réserves, c’est l’indicateur que nous devons regarder en priorité”, précise Frédéric Sève, de la CFDT.

Concernant le déficit, le résultat technique (différence entre les recettes et les dépenses hors produits financiers) en 2020 devrait être négatif à hauteur de 5 milliards d’euros. Avec les produits financiers, le trou devrait atteindre 4 milliards d’euros. Toujours d’après le scénario central, le régime serait en déficit en moyenne de 2,2 milliards d’euros au moins jusqu’en 2035. Il redeviendrait excédentaire à partir de 2040.

Mais y-a-t-il pour autant le feu à la maison Agirc-Arrco ? Si le patronat semble pousser à prendre des mesures rapidement comme un gel ou une sous-revalorisation des pensions, du côté des syndicats, les avis sont plus mitigés. “Il est hors de question de mener ces négociations tambour battant, prévient Sandrine Mourey de la CGT, nous souhaitons prendre le temps nécessaire de la négociation. Le régime n’est pas en danger et rien ne permet d’affirmer que ce sera le cas même à l’avenir”. La CGT comme Force ouvrière ont fixé leur ligne rouge : hors de question de toucher au pouvoir d’achat des retraités. “Il est très facile d’utiliser le prétexte de la crise pour prendre des mesures sur les retraites”, dénonce Michel Beaugas de FO.

Une nouvelle rencontre avec l’ensemble des partenaires sociaux devrait être programmée aux alentours du 13 juillet. “Il faut que nous analysions tous les chiffres présentés et que nous demandions d’autres simulations avant que chacun puisse avancer ses propositions”, estime Pascale Coton de la CFTC. Une troisième rencontre est prévue autour du 20 juillet. Rien ne garantit pour autant que, d’ici la fin du mois de juillet, un accord soit trouvé. Les discussions pourraient se prolonger à la rentrée. Mais elles ne pourront pas s’éterniser car il y a une échéance : le 1er novembre, date à laquelle doit être décidée la revalorisation des pensions.