Habitat partagé : la troisième voie entre l’Ehpad et le domicile

Habitat partagé : la troisième voie entre l’Ehpad et le domicile

Habitat partagé : la troisième voie entre l’Ehpad et le domicile

Habitat partagé : la troisième voie entre l’Ehpad et le domicile

​​150.000 en 2030. C’est le nom choisi par le collectif regroupant des solutions d’habitat partagé. Il regroupe aujourd’hui 11 structures dont Les Pénates, Epic Coliving ou encore Domani qui vient de remporter le prix Silver valley, récompensant les innovations françaises les plus prometteuses au service de l’avancée en âge de la population. Au-delà de l’intitulé de ce collectif, c’est surtout le nombre de places en habitat partagé que ces structures souhaitent atteindre. Car avec le vieillissement de la population, le nombre de personnes âgées ayant besoin d’un soutien pour leur vie quotidienne, ou ne voulant pas vivre seule, va croître.

En cas de perte d’autonomie, le réflexe est bien souvent de faire appel à une aide à domicile ou de s’installer dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Or, une autre voie existe comme l’expliquent Simon Vouillot, cofondateur d’Ages & Vie, qui propose de l’habitat partagé avec des services adaptés aux personnes en perte d’autonomie, et Laurence Boluda, directrice de la Maison de Blandine, grandes maisons de famille avec des espaces individuels et d’autres collectifs. Tous les deux sont porte-parole du collectif des 150.000 en 2030.

Capital : Comment définissez-vous l’habitat partagé ?

Laurence Boluda : Ce sont des lieux à taille humaine où chacun dispose de son espace de vie privatif et d’espaces de vie partagée animés par une équipe sur place. Selon les concepts, il peut s’agir d’une maîtresse de maison, de coordinateurs, d’animateurs… L’habitat partagé peut prendre la forme d’une colocation, d’un accueil familial… On parle d’habitat partagé accompagné ou inséré pour bien signifier que quelqu’un est toujours présent dans la structure. Toutes ces solutions ont pour raison d’être de rompre l’isolement et de proposer à chaque senior un projet de vie personnalisé en fonction de son état de santé.

Simon Vouillot : Il existe une grande diversité d’offres en habitat partagé et l’idée du collectif est de dire : dans notre diversité nous sommes capables de nous adresser à un public varié. Ce qui nous réunit c’est la notion d’accompagnement.

Capital : Pour le moment, peu de personnes âgées habitent dans ce type de logement. Vous avancez le chiffre de 5.000…

Simon Vouillot : Numériquement ce n’est pas beaucoup mais nous sentons une demande énorme. Nous touchons des personnes qui ne veulent plus rester chez elles mais qui ne veulent pas non plus aller en Ehpad. D’où le nom de notre collectif qui est l’objectif d’atteindre 150.000 habitats partagés en 2030. Pour ces 150.000 nous avons pris la seule référence officielle qui est le rapport Piveteau-Wolfrom (publié en 2020, ndlr).

Laurence Boluda : 150.000 c’est un grand nombre rapporté aux 5.000 aujourd’hui. Mais cet objectif concerne de nombreux acteurs, avec des projets à taille humaine qui accueillent entre 5 et 25 personnes. Notre collectif doit apporter des propositions différentes pour répondre au besoin d’un maximum de personnes.

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Capital : Quels freins empêchent aujourd’hui le développement de l’habitat partagé ?

Simon Vouillot : Nous sommes face à un certain nombre d’obstacles réglementaires et administratifs. Par exemple, pour délivrer des services auprès des personnes âgées, doit figurer la notion de domicile. Or, l’habitat partagé n’est pas considéré comme un domicile. Donc si vous faites appel à une aide à domicile, vous ne pouvez pas bénéficier du crédit d’impôt.

Laurence Boluda : Nous sommes un peu dans une zone grise car nous ne sommes pas du domicile pur et nous ne sommes clairement pas un établissement médico-social de type Ehpad. Sans critères précis, nous nous retrouvons avec des situations disparates. Ainsi, certains départements disent que nous sommes du domicile alors que d’autres non. Avec le collectif nous voulons que l’habitat partagé soit considéré partout comme du domicile.

Capital : Le coût d’un habitat partagé est-il plus intéressant que celui d’un Ehpad ?

Simon Vouillot : Le partage a aussi un aspect financier. Prenons l’exemple de la veille de nuit. Si vous êtes seul et que vous avez besoin de quelqu’un capable d’intervenir en cas de problème la nuit, cela va coûter des sommes folles. Si vous êtes dans un habitat partagé, le coût est réduit. Mais il faut aussi s’adapter au public. Nous avons dans le collectif des entreprises qui visent des retraités très modestes et d’autres qui s’adressent plutôt à des personnes avec plus de moyens.

Laurence Boluda : Il faut compter autour de 1.200 euros par mois en habitat partagé. Ce prix est un peu moins élevé en milieu rural.

Capital : Quelles actions compte mener votre collectif ?

Simon Vouillot : Nous devons montrer aux pouvoirs publics que nous sommes économes tout en assurant de vrais standards en termes de qualité. Prenons le modèle d’une aide à domicile classique qui peut avoir beaucoup de trajet entre l’intervention chez deux personnes âgées. Dans l’habitat partagé, nous pouvons assurer de la stabilité à ces professionnelles. Nous travaillons avec la même personne, avec des temps plein, ce qui est un vrai enjeu au niveau de la qualité de travail des aides à domicile. L’habitat partagé doit faire partie des réponses à mettre en place dans l’échiquier du grand âge Nous avons le savoir-faire ; qu’on nous donne les moyens de répondre aux besoins !

Source Capital.fr

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