Réforme des retraites : comment l'exécutif pourrait vous faire cotiser plus longtemps

Réforme des retraites : comment l’exécutif pourrait vous faire cotiser plus longtemps

Réforme des retraites : comment l’exécutif pourrait vous faire cotiser plus longtemps

Réforme des retraites : comment l'exécutif pourrait vous faire cotiser plus longtemps

Une simple pause, pas une mise au rebut. Dans une interview donnée aux quotidiens de la presse régionale, le Président de la République affirme qu’il tient à la mise en place d’une réforme des retraites mais sous une forme qui pourrait être différente de celle présentée au Parlement. Cependant, une même volonté demeure : inciter les Français à travailler plus longtemps. Si avant la crise du coronavirus la préférence était à l’âge pivot, technique qui consiste à instaurer un malus sur votre pension si vous partez avant et un bonus si vous partez après, le discours présidentiel a pris un virage. Ce n’est plus une mesure d’âge mais l’allongement de la durée de cotisation qui semble tenir la corde. “Cette réforme ne peut pas être reprise de manière inchangée à la sortie de crise, mais la question du nombre d’années pendant lesquelles nous cotisons demeure posée”, a affirmé Emmanuel Macron.

Poser la question c’est envisager que cette durée puisse être allongée. Ainsi, pour obtenir une retraite à taux plein, il faudrait travailler plus longtemps. D’ailleurs, c’est déjà ce qui est en train de se passer aujourd’hui avec une durée d’assurance qui varie en fonction de votre date de naissance. Actuellement, si vous êtes né avant 1955, vous devez avoir cotisé 165 trimestres, soit 41 ans et 3 mois pour obtenir une retraite à taux plein. Si vous êtes né entre 1955 et 1957, cette durée de cotisation est fixée à 166 trimestres soit 41 ans et 6 mois. Ensuite, le nombre de trimestres pour obtenir le taux plein augmente d’un trimestre toutes les générations, pour atteindre 172 trimestres (43 ans) pour ceux nés en 1973 et après.

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Cette montée en charge du nombre de trimestres pour obtenir le taux plein a été instaurée en 2014 par la réforme Touraine (du nom de la ministre des Affaires sociales et de la Santé de l’époque). Elle commence à entrer en vigueur depuis le 1er janvier 2020. La durée de la cotisation va donc évoluer au fur et à mesure du départ à la retraite de ces générations. Elle aura son plein effet à partir de 2035, lorsque la génération née en 1973 aura 62 ans.

Plusieurs solutions existent pour allonger cette durée de cotisation. La première et qui a déjà été mise plusieurs fois sur la table est l’accélération de la réforme Touraine. Au lieu de relever la durée de cotisation d’un trimestre toutes les trois générations, cela pourrait se faire toutes les générations. La question serait alors de déterminer à partir de quelle génération le rythme augmente. Difficile d’imaginer de commencer dès la génération née en 1958 et qui a 62 ans aujourd’hui. A quelques mois du départ à la retraite, impossible de dire qu’il faut travailler un semestre de plus dès maintenant pour obtenir une retraite à taux plein. Le relèvement pourrait commencer dans quelques générations, à partir de celle née en 1962. Si aujourd’hui elle doit cotiser 168 trimestres pour obtenir le taux plein, comme celle née en 1961, la décision pourrait être prise de monter cette durée à 169 trimestres. Et ensuite évoluer ainsi tous les ans. À ce rythme ce n’est pas la génération née en 1973 qui devrait cotiser 43 ans pour obtenir une retraite à taux plein, mais celle née dès 1965.

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Une autre possibilité serait d’aller plus loin dans l’allongement de la durée de cotisation et de ne pas s’arrêter à 43 ans pour obtenir une retraite à taux plein. Cette durée pourrait être relevée à 44 voire 45 ans, pour les plus jeunes générations. Là encore, la question serait de connaître les premiers actifs concernés et à quel rythme l’accélération se ferait.

Pour le moment aucune précision n’a été donnée sur la forme que pourrait prendre cet allongement. Mais l’on sait déjà que l’impact financier est moindre que le relèvement de l’âge de départ à la retraite et il est plus tardif. Il faut en effet attendre que les dernières générations concernées partent à la retraite pour que ce changement fasse pleinement effet. Cependant, cette mesure est moins clivante, allonger la durée de cotisation permet d’inciter à travailler plus longtemps sans toucher à cette barrière symbolique de l’âge légal de départ à la retraite. Elle est aussi moins systématique, vous pouvez ou non décider de partir à 62 ans et si vous n’avez pas suffisamment de trimestres, de subir une décote sur votre pension.

Enfin, reste l’interrogation autour du calendrier. Le Président de la République a annoncé qu’il souhaitait lancer des concertations dès l’été. Une proposition déjà rejetée en bloc par les syndicats. Un timing plutôt serré mais qui s’explique notamment par les prévisions de déficit du système de retraite qui se sont fortement dégradées. Alors qu’en fin d’année dernière le Conseil d’orientation des retraites (Cor) prévoyait un déficit compris entre 8 et 17 milliards à l’horizon 2025, en juin, la même instance table sur 30 milliards de déficit dès 2020.

Source Capital.fr

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