Regrouper vos services d’aide et de soins à domicile, une avancée… qui risque de coincer

Regrouper vos services d’aide et de soins à domicile, une avancée… qui risque de coincer

Regrouper vos services d’aide et de soins à domicile, une avancée… qui risque de coincer

Regrouper vos services d’aide et de soins à domicile, une avancée… qui risque de coincer

Les aidants des personnes âgées vivant à domicile le savent bien, il faut pouvoir jongler entre les interlocuteurs. Entre l’aide à domicile et l’infirmier, il est parfois nécessaire de faire appel à plusieurs structures différentes pour s’occuper d’une seule et même personne. Ce principe est lié à l’organisation même des structures d’aide et de soins à domicile. Vous avez d’un côté les services d’aide et d’accompagnement à domicile (Saad) et de l’autre les services de soins infirmiers à domicile (Ssiad). Les premiers permettent par exemple d’assurer les actes de la vie quotidienne comme le lever, la toilette ou la préparation des repas, alors que le deuxième est plus orienté vers la prise de médicament, le changement de pansements ou encore la réalisation de certaines injections.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), présenté ce jeudi 7 octobre en conseil des ministres, prévoit d’encourager le regroupement des structures pour qu’elles proposent à la fois de l’aide à domicile et du soin. “C’est un premier jalon d’une future réforme qui va prendre du temps à se mettre en place. Nous allons voir, année après année, les structures se transformer pour qu’elles proposent à la fois de l’aide et du soin”, s’est félicitée Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, le syndicat des Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) et des services d’aide à domicile privés, à l’occasion d’une conférence de presse organisée ce mercredi 6 octobre. Dans quelques années, l’objectif est d’avoir une structure unique d’intervention nommée service autonomie.

>> Notre service – Découvrez les meilleurs tarifs d’Assurances Obsèques

Si, sur le papier, la mesure semble couler de source, dans les faits, son instauration peut s’avérer fastidieuse. Ce type de regroupement n’est pas une première tentative. Déjà, en 2004, une structure hybride mêlant le soin et l’aide à domicile est lancée. Il s’agit alors de coordonner des services d’aide et de soins qui gardent cependant leur propre identité juridique. Ces services polyvalents d’aide et de soin à domicile (Spasad) peinent à s’implanter. En 2015, on en comptait seulement 95 sur le territoire alors qu’il y avait plus de 2.000 Ssiad. La faute à des structures trop complexes à monter qui demandent des autorisations venant à la fois des départements et de l’Assurance maladie.

L’idée n’est cependant pas abandonnée. Au contraire, elle est de nouveau encouragée dans la loi de 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement qui crée ce que l’on appelle les Spasad intégrés. Ces services de soins et d’aide à domicile mettent leurs ressources en commun : ils ont le même système d’information et les personnes âgées ont alors un interlocuteur unique. Suite à cette évolution, d’après un rapport d’étape de l’expérimentation publié en 2019, on comptait 338 Spasad.

Désormais, il s’agit d’aller encore plus loin dans le développement de ces structures dont l’expérimentation doit se terminer fin 2021. Le gouvernement souhaite généraliser ces Spasad. “L’idée en soi est séduisante car tout le monde rêve d’une articulation plus simple, estime Jérôme Perrin, directeur du développement de l’ADMR, réseau associatif de services à la personne. Mais le texte est encore très flou. On ne sait pas par exemple s’il s’agira d’une seule entité juridique ou si les Saad et les Ssiad garderont leur propre statut et qui le pilotera”, interroge-t-il.

Cette question concerne aussi le financement. Aujourd’hui les Saad sont gérés par les conseils départementaux alors que les Ssiad bénéficient d’une dotation de l’Agence régionale de santé (ARS). Pour regrouper l’offre de soins et d’aide à domicile, il faudrait alors que les Ssiad aient l’autorisation des départements pour faire de l’accompagnement et que les Saad reçoivent des crédits de l’ARS. “Obtenir une autorisation des départements pour les Ssiad ne devrait pas être trop compliqué car cela ne génère pas de crédits supplémentaires, estime Florence Arnaiz-Maumé. Mais on ne voit pas bien, pour le moment, à quel niveau les ARS pourront financer les Saad car cela impactera directement le budget de l’Assurance maladie”, s’inquiète-t-elle. Dans une interview donnée à Capital, la ministre déléguée chargée de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon, a affirmé que 10 millions d’euros seront consacrés à cette mesure en 2022, pour atteindre un effort total de 145 millions d’euros en 2025.

L’exécutif semble donc vouloir mettre en œuvre cette transformation en trois ans. Un calendrier qui interroge les acteurs du secteur. “Nous sommes inquiets de la faisabilité d’une telle mesure dans ce délai. Il est possible de créer un service autonomie avec deux entités juridiques distinctes entre le soin et l’aide et qui mutualisent leurs moyens comme le système d’information ou encore le dossier médical. Mais si l’on force les structures à fusionner entre elles, cela va être la guerre des tranchées”, prévient Jérôme Perrin.

Source Capital.fr

Si vous avez aimé cet article, partagez le !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.