Retraite : ce rapport qui prône une dose de capitalisation pour sauver le système

Retraite : ce rapport qui prône une dose de capitalisation pour sauver le système

Retraite : ce rapport qui prône une dose de capitalisation pour sauver le système

Retraite : ce rapport qui prône une dose de capitalisation pour sauver le système

Capital : Votre rapport part de votre constat selon lequel notre système de retraite tel qu’il existe aujourd’hui va droit dans le mur ?

Marc Touati : Ce n’est pas un problème politique ou économique mais mathématique. La retraite par répartition ne fonctionne que si vous avez assez de cotisants pour financer les retraites. Jusque dans les années 70, vous aviez trois actifs pour un retraité. Maintenant, le ratio est à 1,5 actif pour un retraité donc cela ne peut plus fonctionner. Pour l’instant le système tient parce que les caisses de retraite puisent dans le trésor de guerre qu’elles ont amassé depuis des années. Résultat, les déficits annuels sont globalement limités. Mais si l’on continue comme ça, on aura au moins 1.000 milliards de déficit des caisses de retraite accumulés d’ici 2050.

Capital : Pour ne pas arriver à ces chiffres, il faut une dose de capitalisation dans notre système de retraite selon vous ?

Marc Touati : On a fait énormément de “réformettes” qui n’ont pas servi à grand chose car, à chaque fois, on masque un peu la réalité en prenant des hypothèses très optimistes pour le chômage et la croissance. Toutes ces réformes ont été un peu des coups d’épée dans l’eau. Le but de l’étude est de dire qu’il faut se prendre en main. Si vous comptez uniquement sur les pouvoirs publics pour financer votre retraite, vous risquez d’être très déçu.

Matthias Baccino : Si nous n’ajoutons pas à notre système actuel un étage de capitalisation notre société va s’appauvrir. Cela ne va pas être un appauvrissement léger mais massif et généralisé. 40% de perte de pouvoir d’achat à la retraite, c’est considérable, surtout quand on sait à quel point les grands-parents jouent un rôle significatif depuis plusieurs décennies pour soutenir leurs enfants et leurs petits-enfants. Nous sommes en train de mettre en danger notre avenir collectif financier car, en Europe, nous n’avons pas suffisamment d’épargne par capitalisation à moindre frais.

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Capital : On oppose souvent retraite par répartition et retraite par capitalisation. Les deux systèmes peuvent-ils cohabiter ?

Marc Touati : Evidemment, il ne s’agit pas de supprimer la retraite par répartition. Nous avons un système français qui est formidable. Il ne s’agit pas de tout casser. On a cotisé, on cotise encore aujourd’hui donc on veut quand même récupérer une partie de nos cotisations. Pour sauver la retraite par répartition, il faut l’aider avec la capitalisation. Si on continue comme ça nous n’aurons plus les moyens de la financer. Il ne s’agit pas de remplacer l’un par l’autre.

Capital : La retraite par capitalisation souffre d’une image négative et semble réservée à une élite…

Marc Touati : L’idée est de démocratiser cette épargne avec des placements réguliers, pas forcément des sommes importantes. On ne parle pas d’un placement de “riches”. C’est pour tout le monde. Évidemment on ne garantit pas la hausse du marché boursier mais le but est d’investir sur une longue période où l’on est forcément gagnant. Oui le placement boursier est un investissement risqué, mais il ne s’agit pas de faire des “coups”. Le but du jeu est qu’avec un investissement minimum sur le long terme vous pouvez digérer les krachs, car il y en aura. Il faut investir vers 30 ans car c’est sur le long terme, vous aurez donc plus de chances de traverser les tempêtes. Il ne s’agit pas de tout mettre en actions, on peut aussi investir dans l’or par exemple, mais il vaut mieux éviter les placements sur les taux d’intérêt ou les obligations, dont les taux d’intérêts sont extrêmement bas. Il y a bien sûr un volet immobilier pour ceux qui le souhaitent.

Matthias Baccino : Le challenge est de rendre accessible l’investissement en Bourse pour le grand public. Les Français sont attirés par la capitalisation. Très peu de gens sont capables de faire du trading, en revanche tout le monde est capable de mettre 20 euros par mois dans un panier d’actions du monde entier. Quand on met 20 euros par mois au lieu de tout mettre d’un coup, on divise par trois le risque de son portefeuille. Dire que l’investissement en Bourse est hyper risqué est un message qui peut être mitigé. Il ne s’agit pas de faire du monde entier un monde de trader.

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Capital : Quel serait le portefeuille type pour préparer sa retraite ?

Marc Touati : Il faudrait 50% d’actions minimum, entre 10 et 15% d’or, sur le reste vous pouvez vous faire plaisir avec des placements plus risqués par exemple sur les cryptomonnaies, sur des start-up. Dans l’étude, je prends l’exemple d’un investissement sur un ETF MSCI Euro en février 2012. En juillet 2021, l’investisseur dispose d’un capital de quasiment 21.500 euros, pour une mise totale de 11.400 euros, soit un rendement de 88%. S’il avait investi ces 100 euros mensuels sur un placement à un taux garanti de 1%, il aurait récupéré 11.950 euros, soit un gain de seulement 4,9%. C’est du simple au double donc on est largement gagnant. Avec des sommes minimales sur le long terme et sur des grands indices qui permettent de limiter le risque, cela reste rentable. Ce sont des placements de “bon père de famille”. Une fois à la retraite, vous pouvez vous verser cette somme sous la forme d’un capital ou d’une rente.

Matthias Baccino : Si on met tous ses oeufs dans le même panier au même moment, ce n’est pas une bonne idée. Il faut faire un plan d’investissement programmé.

Capital : Si la solution semble si simple, pourquoi peu de Français osent se lancer ?

Matthias Baccino : Il existe deux freins psychologiques. Le premier c’est de dire que la Bourse est faite pour investir au plus bas et vendre au plus haut. Cela s’appelle spéculer, et il y a peu de gens qui en sont capables. La Bourse est faite pour acheter un petit peu le plus longtemps possible et le plus tôt possible. L’autre frein psychologique majeur est de se dire “je ne sais pas quelle action acheter”. Or il existe des fonds cotés en Bourse, les ETF, qui sont des paniers d’actions du monde entier sur lesquels vous pouvez mettre des filtres environnementaux, sociaux, de transition énergétique ou encore nationaux.

Source Capital.fr

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