Retraite : qui serait le plus pénalisé par un allongement de la durée de cotisation ?

Retraite : qui serait le plus pénalisé par un allongement de la durée de cotisation ?

Retraite : qui serait le plus pénalisé par un allongement de la durée de cotisation ?

Retraite : qui serait le plus pénalisé par un allongement de la durée de cotisation ?

La question revient souvent et encore plus à l’approche de la présidentielle : faut-il reporter l’âge légal du départ à la retraite ? 64, 65 ou encore 67 ans, les propositions sont nombreuses. L’argument des défenseurs d’une telle mesure est de maintenir à flot les finances du régime et que, pour cela, il faut que les Français travaillent plus longtemps. Si aujourd’hui l’âge légal reste maintenu à 62 ans, une mesure incite déjà les Français à travailler plus longtemps. C’est ce que l’on appelle la réforme Touraine. Il s’agit d’allonger d’un trimestre toutes les trois générations, la durée d’assurance nécessaire pour obtenir le taux plein.

Ainsi, les générations nées entre 1958 et 1960 doivent cotiser 167 trimestres pour obtenir le taux plein. Un chiffre qui grimpera à 172 trimestres (soit 43 ans) pour ceux nés en 1973 et après. Le conseil d’orientation des retraites (Cor), qui se réunit ce jeudi 14 octobre, a étudié quel pourrait être l’impact de l’allongement de deux ans de cette durée d’assurance pour obtenir le taux plein, soit 45 ans. Dans un document de travail que Capital a consulté, le conseil présente pour ce faire trois cas types : un cadre, un non-cadre et un salarié au Smic. Tous sont nés en 2000, célibataires et sans enfants. Ils sont supposés liquider à taux plein au terme d’une carrière complète. Le cadre commence à travailler à 23 ans, le non-cadre à 21 ans et le salarié au Smic à 19 ans. Avec la législation actuelle (43 années de cotisation pour obtenir le taux plein), le cadre partirait à 66 ans, le non-cadre à 64 ans et le salarié au Smic à 62 ans.

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Si la durée de cotisation venait à être allongée de deux ans, chacun d’entre eux aurait alors un choix à faire : soit reporter de deux ans son âge de départ à la retraite pour obtenir le taux plein, soit ne pas le faire et alors percevoir une retraite minorée. Le cadre – si l’on ne change pas l’âge d’annulation de la décote (67 ans aujourd’hui) – devra travailler une année supplémentaire pour obtenir le taux plein. Avec la législation à 43 années, il aurait dû travailler jusqu’à 66 ans, là il devra attendre 67 ans. Les non-cadres et les salariés rémunérés au Smic, ayant commencé plus tôt à travailler devront bien continuer pendant deux ans supplémentaires pour obtenir le taux plein.

Si les trois exemples décident d’atteindre le taux plein et donc d’avoir cotisé 45 ans pour partir à la retraite, logiquement leur retraite augmentera. La hausse de la retraite (base et complémentaire) sera de 1,7 % pour le cadre et de 3,5 % pour le non-cadre et le salarié payé au Smic. Si, au contraire, ils font le choix de ne pas atteindre le taux plein pour partir à la retraite, leur pension baissera de 6,1 % pour les cadres, de 12,6 % pour les non-cadres et de 12,5 % pour ceux qui ont eu une carrière complète au Smic.

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Dans le détail, le Cor constate dans cette étude que la retraite de base des cadres serait moins impactée par un allongement de la durée d’assurance. En effet, comme ils n’auraient besoin de travailler qu’une année supplémentaire pour éviter une décote, s’ils décident finalement de partir à la retraite au bout de 43 années de cotisation, ils subiraient une décote de 5 % sur leur retraite de base. Alors que si le non-cadre et le salarié rémunéré au Smic prennent la même décision, comme il leur manquera deux années de cotisation, la décote sur leur retraite de base serait de 10 %.

Même constat si l’on regarde du côté de la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Si le cadre “décale son départ pour avoir le taux plein à 67 ans, il évite le malus temporaire à cet âge – contrairement aux autres cas qui le subissent une année (non-cadre à l’âge de 66 ans) ou trois ans (salarié au Smic de 64 à 66 ans)”, pointe le Cor. Et s’il maintient son départ à 66 ans, sa décote au régime complémentaire sera de 4 % contre 8 % pour les deux autres cas. Le conseil d’orientation des retraites conclut donc que l’impact d’un allongement de la durée de cotisation est plus important pour les non-cadres et les salariés rémunérés au Smic.

Par ailleurs, une hausse de la durée d’assurance entraîne mécaniquement, pour tous les profils, une baisse du taux de rendement interne. Il s’agit du rapport entre les cotisations versées et le niveau de pension perçu. Cela signifie qu’il faudra cotiser plus pour obtenir un niveau de retraite moindre.

Même si ce n’est pas l’objet principal de l’étude du Cor, une annexe du document évoque toutefois l’hypothèse d’un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite de 62 ans à 64 ans. Les experts estiment que ce relèvement n’aurait pas forcément de conséquences pour les générations nées en 2000 car elles ont déjà un âge projeté de départ à la retraite autour de 64 ans. Seraient plutôt touchées les générations nées avant 1975 qui ont commencé plus tôt à travailler. Le report de l’âge légal aurait pour conséquence de baisser le taux de rendement interne pour ces générations car elles verseraient plus longtemps des cotisations pour une perception plus courte de pensions.

Source Capital.fr

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