Retraite : les erreurs les plus fréquentes et comment les éviter

Retraite : les erreurs les plus fréquentes et comment les éviter

Retraite : les erreurs les plus fréquentes et comment les éviter

Retraite : les erreurs les plus fréquentes et comment les éviter

Le 18 mai dernier, dans un rapport, la Cour des comptes indiquait que près d’un dossier sur six de liquidation de retraite comportait une erreur. Nous avons fait un appel à témoignages pour en savoir un peu plus sur le type d’erreurs que vous avez pu rencontrer. Sans surprise, les principaux retours que nous avons recensés concernent des erreurs dans la prise en compte de la carrière : manque de trimestres travaillés dans le décompte des droits, pas de prise en compte de la retraite complémentaire ou encore problème lors de la dernière année travaillée. Pour éviter que ces situations ne se multiplient, la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) et l’Agirc-Arrco, pour la retraite complémentaire des salariés du privé, distillent quelques conseils.

Prenons d’abord les erreurs dans la prise en compte de la carrière. Sarah* raconte qu’au moment de partir à la retraite, elle a remarqué qu’il manquait 12 trimestres dans le calcul. Ils n’étaient pris en compte ni par la Cnav, ni par l’Agirc-Arrco. Elle a demandé la correction aux deux caisses en amenant la preuve qu’elle avait bien travaillé pendant cette période. Si la complémentaire a corrigé cet oubli, ce n’est pas encore le cas du côté de la Cnav. Brigitte* de son côté explique simplement que les 4 trimestres de 1980 pendant lesquels elle a travaillé ont été barrés par un trait de plume sur son relevé. Et demande depuis, en vain, qu’ils soient rajoutés. Farid* fait part de son étonnement lorsqu’il découvre qu’il a bien cotisé pour la retraite de base de la Sécurité sociale mais que ce n’est pas le cas pour sa complémentaire Agirc-Arrco. Il ne comprend pas pourquoi. Nicole*, elle, a constaté un trou de trois années dans sa carrière alors qu’elle n’a jamais arrêté de travailler. La liste des témoignages est longue. Jacques* raconte ainsi que le dossier qu’il a déposé pour sa retraite est considéré comme incomplet car il comporte moins de 110 trimestres. En fait, il s’est rendu compte que ses périodes de chômage ainsi que celles travaillées à l’étranger n’ont pas été prises en compte.

Pour éviter ce problème, l’assurance retraite conseille de signaler toute période manquante ou incomplète avant de demander sa retraite et encore plus avant la mise en paiement de la pension. Elle va d’ailleurs faciliter l’accès à un dispositif de correction. Un service en ligne sera lancé en 2022.

Mauvaises surprises au moment de demander sa retraite

Surveiller la prise en compte de sa carrière pour sa retraite est un bon réflexe à avoir. Mais il est encore peu répandu. Souvent, c’est dans l’année de son départ à la retraite que l’on regarde précisément ce qui a été pris en compte… et parfois c’est la douche froide. Caroline* raconte la mauvaise surprise qu’elle a eu au moment de toucher sa première pension. A l’approche de sa retraite, fin 2020 elle se rend sur son compte personnel du site de l’assurance retraite. Il est alors indiqué que si elle part en juillet 2021, elle touchera une pension de 2.045 euros brut. Un montant confirmé quelques semaines plus tard lorsqu’elle a au téléphone un conseiller retraite de la Cnav.

Patatras. “En mars, j’ai reçu un courrier m’indiquant que j’aurai une pension de retraite brute de 1.367 euros. Pourquoi y a-t-il une si grande différence ?”, s’interroge-t-elle. “Cela peut arriver mais c’est très rare”, reconnaît la Cnav. La caisse explique que c’est plutôt la situation inverse qui se produit le plus souvent. Lorsqu’une estimation est faite six mois avant le calcul définitif, le montant est souvent inférieur par rapport à celui qui vous sera réellement versé. Cet écart peut être lié à un salaire moyen revu à la hausse par exemple. “Si vous ne comprenez pas le montant de votre pension, il faut le faire savoir dans les délais impartis à réception de la notification d’attribution”, conseille la caisse.

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Mauvais calcul de la retraite progressive

Il existe un dispositif qui vous permet de partir à la retraite tout en continuant à travailler. Vous percevez alors une partie de votre pension et une partie de votre salaire. C’est ce que l’on appelle la retraite progressive. C’est le cas de Paul* qui a demandé une retraite progressive le 1er mai dernier alors qu’il a tout juste 60 ans. Il perçoit 31% de sa retraite, alors que d’après ses calculs il devrait en toucher 57%. Il pense donc qu’il y a une erreur de calcul. Pour la Cnav, dès que vous constatez une anomalie, vous pouvez utiliser la voie et les délais de recours qui sont toujours indiqués sur la notification de versement de votre pension.

La prise en compte de la dernière année travaillée

Silvio* pouvait partir à la retraite le 1er août 2020, il a décidé de valider un trimestre complet et de partir le 1er octobre. Cette année 2020 a été celle où il a eu la rémunération la plus importante, notamment grâce à sa prime de départ. Or, comme il n’a pas travaillé une année complète, elle n’a pas été prise en compte dans le calcul de ses 25 meilleures années. “A aucun moment il n’est précisé qu’une année doit être achevée pour qu’elle soit comptabilisée”, regrette-t-il. Il estime la perte de cette non prise en compte à 90 euros brut par mois. Ce décalage est lié aux modalités de calcul de la retraite qui ne sont pas toujours bien connues. La Cnav précise en effet que le salaire de l’année du départ n’est jamais retenu dans le calcul du salaire annuel moyen, donnée qui est indispensable pour déterminer le montant de votre pension. Par exemple, si vous partez le 1er décembre 2021, le salaire de 2021 n’est pas retenu. Si le départ est décalé au 1er janvier 2022, le salaire 2021 sera retenu s’il fait partie des 25 meilleures années.

Des incohérences au niveau de la retraite complémentaire

Suite à notre appel à témoignage, des erreurs concernant le régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco nous ont aussi été relatées. Ainsi, Claude* a constaté il y a trois ans que son transfert de points de retraite complémentaire était sous-estimé. Après plusieurs démarches et lettres recommandées, il a pris un avocat qui a relancé la caisse avant d’entamer une procédure judiciaire. Sous 15 jours la question était réglée, les points recalculés et les arriérés versés.

De son côté, Myriam* a travaillé pendant 6 mois en CDD et les trimestres ont bien été comptabilisés au titre de la retraite de base, mais ils ne sont pas comptés pour sa retraite complémentaire et elle ne comprend pas pourquoi. En préambule, il faut rappeler que l’Agirc-Arrco ne comptabilise pas les droits à la retraite en trimestres mais en points affectés à des périodes de carrière. Ensuite, lorsque les périodes d’activité, exercées en CDD ou CDI, n’ont pas donné lieu au versement de cotisations de retraite complémentaire, des points Agirc-Arrco peuvent néanmoins être attribués selon différentes règles en fonction de la période travaillée. Si c’est avant le 1er janvier 1976, vous pouvez récupérer des points sous réserve du versement des cotisations de Sécurité sociale et de la fourniture des informations concernant l’employeur et les dates d’activité. A compter du 1er janvier 1976, les règles ont changé. En plus du versement des cotisations, il faut un précompte de la part salariale des cotisations de retraite complémentaire sur les bulletins de salaire. Il faut donc rechercher ses bulletins de salaire et en transmettre une copie à sa caisse Agirc-Arrco.

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Oubli de la période de congé maternité

Le problème d’Agnès* concerne sa ses périodes de maternité qui n’ont pas été relevées par l’Agirc-Arrco alors qu’elles ont bien été validées par la Cnav. L’Agirc-Arrco rappelle en préambule que les périodes d’arrêt de travail pour maternité, d’une durée supérieure à 60 jours consécutifs, sont prises en compte dès lors qu’elles interrompent une période elle-même prise en compte (activité salariée, chômage indemnisé, …) et qu’elles ont donné lieu à la perception d’indemnités journalières de la Sécurité sociale. Si malgré tout vous vous apercevez que ces périodes ne sont pas considérées pour le calcul de votre retraite, vous devrez fournir les attestations d’indemnités journalières que vous avez perçues. Problème, lorsqu’il s’agit de périodes anciennes, il n’est pas toujours facile de retrouver ces justificatifs. “Dans ce cas, vous pouvez produire la copie du livret de famille portant mention de la naissance de votre enfant”, précise-t-on à l’Agirc-Arrco.

Un malus mal calculé

Enfin plusieurs lecteurs nous ont fait part d’un problème relatif au malus mis en place par l’Agirc-Arrco à partir de 2019. Rappelons le principe. Pour ne pas avoir un malus de 10% pendant trois ans sur votre retraite complémentaire, vous devez partir à la retraite un an après votre âge du taux plein. C’est pourtant ce qu’a fait Didier* en partant à la retraite à 63 ans et 2 mois. Il pensait échapper au malus mais ce n’est pas le cas. D’abord, il faut signaler que pour ne pas avoir de malus on ne se réfère pas à l’âge légal du départ à la retraite (62 ans) mais bien à l’âge du taux plein, lorsque vous avez cotisé un nombre suffisant de trimestres en fonction de votre génération. Donc si Didier est parti à 63 ans et 2 mois, il faut être sûr que son âge du taux plein était bien de 62 ans. Si c’est bien son cas, il doit contacter sa caisse de retraite complémentaire pour obtenir la suppression rétroactive de cette minoration temporaire. Pour que cela soit fait, il devra alors fournir l’attestation de la Carsat ou de la Cnav mentionnant la date à laquelle il a été éligible à la retraite à taux plein. “A défaut, la caisse de retraite complémentaire déterminera cette date par examen de sa carrière”, stipule l’Agirc-Arrco.

* Les prénoms ont été modifiés

Source Capital.fr

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